Le 11 septembre 2012, plus d'un million de personnes sont descendues dans les rues de Barcelone lors d'une immense manifestation en faveur de l'indépendance vis-à-vis de l'Espagne.
À peine deux semaines plus tard, profitant de la dynamique en faveur de l'autonomie, le président catalan Artur Mas a avancé de deux ans la date des élections régionales, s'engageant à organiser un référendum anticipé sur le statut politique de la Catalogneet son éventuelle indépendance.
Peu après, en octobre, au Pays basque, deux partis séparatistes ont dominé les élections au Parlement basque en remportant les deux tiers des sièges.
Confrontée à la crise constitutionnelle que représentait la sécession éventuelle de deux de ses communautés autonomes, l'Espagne attendait avec appréhension. Les réactions belliqueuses et les condamnations politiques ne se sont pas fait attendre :
- L'ancien officier de l'armée, le colonel Alaman, appelle publiquement à une intervention militaire en Catalogne ;
- Lors d'une contre-manifestation contre l'indépendance de Barcelone, on aperçoit des bras droits levés dans le salut fasciste classique ;
- Fin novembre, dans l'éditorial du magazine officiel de l'armée « Ejercito », le général Pontifas Deus dénonce le président Mas pour ses « projets d'autonomie plus qu'outrageants » ;
- À Bruxelles, le ministre de la Défense espagnol, membre du Partido Popular, nie avoir eu connaissance d’un quelconque « mouvement » au sein de l’armée, ou d’une quelconque utilisation de l’armée comme porte-parole d’autres acteurs ;
- Des voix s'élèvent pour réclamer l'arrestation du président Mas, éventuellement pour trahison.
Avec le recul, on peut se dire que la crise a peut-être suscité une réaction excessive. Mais pour la droite et de nombreux traditionalistes du pays, l'unité de l'Espagne est sacro-sainte. Même aujourd'hui.
Ce concept d’une Espagne unie constitue depuis longtemps un défi pour les Catalans, en particulier ceux dont la langue et les racines familiales sont catalanes. Ils éprouvent une fierté intense pour leur catalanisme, qui allie en son sein un amour presque spirituel pour leur langue, leur culture et leur identité historique, au sein de l’Espagne mais sans pour autant en faire nécessairement partie. Les Catalans se sentent différents, et leur histoire regorge d’éléments qui viennent le confirmer.
Colonisée dans un premier temps par les Grecs, la Catalogne est devenue la région la plus complètement romanisée de la péninsule ibérique et celle qui a eu le moins de contacts – 80 ans tout au plus – avec les Maures au cours des sept siècles d’occupation maure de la majeure partie de la péninsule. Du XIIe au XIVe siècle, les Catalans, dans le cadre d’une confédération sophistiquée avec les Aragonais, dominèrent de vastes parties de la Méditerranée, régnant sur la Sardaigne, la Corse et la majeure partie de la Grèce actuelle, et contrôlant le commerce de l’or avec le Soudan.
Mais l'un des aspects les plus surprenants de cet empire résidait dans la structure politique et administrative qui le sous-tendait. Dès le début du XIIIe siècle, la Catalogne disposait d’un parlement à trois chambres, les Corts, qui adoptait toutes les lois, et de la Generalitat, qui organisait la perception des impôts et les dépenses. C’était une période très favorable pour les Catalans. Lorsque la reine Isabelle, au début du XVIe siècle, interdit aux Catalans de commercer avec le Nouveau Monde, c’est-à-dire les Amériques, la domination de l’Espagne ou du gouvernement central allait devenir leur destin pour les cinq siècles suivants.
Chaque pays possède dans son passé un ou plusieurs événements qui, par leur répétition au fil des ans, constituent une partie émotionnelle de son identité historique, et dont la date est connue de tous. Pour les Anglais, c’est 1066, la bataille d’Hastings et le début de la conquête normande, que l’on commémore. Pour les Catalans, c’est le 11 septembre 1741, pendant la guerre de Succession d’Espagne. Après un an de siège, Barcelone fut finalement prise par les armées françaises et espagnoles, qui rasèrent un tiers de la ville. Le 11 septembre est désormais la fête nationale de la Catalogne et c'est également la date à laquelle s'est tenue la dernière manifestation à Barcelone en faveur de l'indépendance vis-à-vis de l'Espagne.
Mais se pourrait-il que ce soient les événements du XXe siècle, dont le souvenir est encore vivant chez les citoyens les plus âgés, qui influencent le plus la perception qu’ont les Catalans de leur relation avec Madrid ? En 1939, la défaite définitive du gouvernement républicain face aux troupes nationalistes de Franco eut lieu à Barcelone. Ce fut, de fait, la fin de la guerre civile. La campagne menée contre la langue, la culture et le peuple catalans, déclenchée après la victoire de Franco, fut dévastatrice. Toute utilisation publique de la langue fut interdite et tous les livres en catalan, y compris des collections privées inestimables et irremplaçables, furent détruits. Les noms de rues et de localités furent remplacés par des noms espagnols. Le catalan entra dans la clandestinité.
Cette discrimination a porté atteinte à la langue, mais ce qui a causé à long terme des dommages linguistiques bien plus importants, ce sont les « vagues » d’immigrants hispanophones, principalement originaires d’Andalousie et pour la plupart semi-analphabètes : un quart de million dans les années 40, un demi-million dans les années 50 et près d’un million dans les années 60. Leur intégration au sein de la population locale, comme cela avait été le cas pour les immigrants précédents, s’est avérée pratiquement impossible, car les nouveaux arrivants vivaient souvent dans leurs propres « barrios » et parlaient l’espagnol, qui était également la langue utilisée dans l’enseignement. L’espagnol est devenu de plus en plus la langue privilégiée à la maison, même dans les foyers catalans. Les chiffres de 1975 montrent que le catalan n’était parlé que dans 39 % des foyers de Barcelone.
Ces chiffres ont-ils donc une quelconque pertinence en 2012 ? Dans une certaine mesure, certainement. Le maire de Gérone, Carles Puigdemont, identifie la source première de la volonté séparatiste : « Nous avons notre propre langue, notre propre culture, c’est dans notre ADN. » Il aurait sans doute été encouragé de voir des drapeaux d’Andalousie flotter aux côtés des drapeaux séparatistes catalans aux balcons. D’autres responsables politiques pro-séparatistes, constatant l’augmentation considérable des flux de travailleurs suite à la politique d’ouverture des frontières de l’UE, doivent se demander comment cela influe sur les comportements électoraux. Sans cet ADN, ces nouveaux citoyens seront-ils prêts à prendre le risque de soutenir l’indépendance ?
Carme Chacón, une Catalane, femme politique dynamique et ancienne ministre de la Défense du gouvernement socialiste de Zapatero, adopte une perspective plus large. Elle prône le concept d’États plus petits au sein d’une Europe fédérale, « différents mais unis ». Elle se considère comme l’une des nombreuses Catalanes ayant des racines dans d’autres régions d’Espagne. Son père est venu d’Andalousie pour s’installer dans le nord et son grand-père était un anarchiste originaire d’Aragon. Elle déclare : « Je suis catalane, espagnole et européenne. Et je ne veux pas que quiconque m’oblige à choisir. »
Si ses opinions sont partagées par de nombreux Catalans, se pourrait-il que le catalanisme ou l’identité culturelle ne soient pas à l’origine de la crise indépendantiste actuelle ? C’est certes un facteur sous-jacent, mais comme l’a dit Bill Clinton, ailleurs et à une autre époque : « C’est l’économie, idiot. »
À première vue, il est difficile de croire que cela puisse être le cas de la Catalogne. Sa réputation de moteur économique de l’Espagne, fondée sur ses succès industriels et commerciaux, est étayée par les statistiques. Elle représente 20 % du PIB espagnol, 25 % des recettes fiscales de l’Espagne, 35 % des exportations espagnoles, dont 45 % des exportations de haute technologie, et 25 % des recettes fiscales de l’Espagne (chiffres de 2009). Malgré cela, la Catalogne est endettée à hauteur de 42 milliards d’euros. Et la cause profonde de cette situation réside dans le statut d’autonomie politique de la Catalogne et dans ses relations fiscales avec Madrid.
En effet, l’Espagne, bien qu’elle soit politiquement composée de régions autonomes, dispose d’un système de perception fiscale centralisé. Ce système a été mis en place en 1978, durant les moments difficiles de la jeune démocratie espagnole qui a succédé à 40 ans de dictature répressive sous le général Franco, après la guerre civile de la fin des années 1930. Seuls le Pays basque et la Navarre ont été autorisés à percevoir leurs propres impôts, un droit traditionnel dont les racines remontent aux fueros de l’époque médiévale.
Pour simplifier, Madrid perçoit les impôts et reverse à chaque communauté autonome un pourcentage sous forme de services et d’investissements. La différence entre ces deux montants correspond au déficit budgétaire. Dans le cas de la Catalogne, Madrid perçoit 95 % des impôts, tandis que la Catalogne en perçoit 5 % pour financer ses services sociaux, notamment la santé et l’éducation. Les chiffres de la Generalitat montrent qu’entre 1986 et 2009, le déficit budgétaire s’est élevé en moyenne à 8 % du PIB par an et que, cette dernière année, la Catalogne a versé 16,4 milliards d’euros (8,4 % du PIB) de plus en impôts qu’elle n’a reçu de Madrid en services publics et en investissements. On pourrait également dire que, parmi les communautés autonomes, la Catalogne était la troisième plus grande contributrice fiscales au gouvernement central, mais qu’elle occupait la onzième place en termes de recettes perçues de Madrid.
Pour mettre en perspective les dégâts que cela cause à l'économie catalane, le Cercle Catala de Negocis a avancé une analogie éloquente : la catastrophe du tsunami au Japon a entraîné des pertes estimées entre 3,6 % et 5,7 % de son PIB.
Les tensions que l'aggravation du déficit budgétaire a fait peser sur les relations entre Madrid et la Catalogne ont été exacerbées par le sentiment de colère et de trahison éprouvé par les Catalans face au sort réservé à leur nouveau Statut d'autonomie de 2006. Après quatre ans de négociations, celui-ci avait été approuvé par le Parlement catalan en septembre 2005, puis par le Congrès espagnol en mars 2006, avant d’être ratifié en Catalogne à la majorité lors d’un référendum. Il accordait à la Catalogne des droits supplémentaires dans les domaines du système judiciaire, du statut de la langue catalane, des contrôles de l’immigration, de la fiscalité et de l’accès au crédit, ainsi que le droit d’être désignée comme une nation.
La frustration ressentie à l’époque, lorsqu’un recours avait été déposé devant la Cour constitutionnelle espagnole par le parti conservateur Partido Popular, n’était rien comparée au choc violent provoqué par l’arrêt rendu par la Cour en 2010, qui avait donné gain de cause au recours. Quatorze articles du Statut avaient été abrogés et vingt-six devaient faire l’objet de modifications profondes : ces changements portaient atteinte à la structure même de l’administration civile, politique et judiciaire en Catalogne. Et qu’en était-il du droit de la Communauté autonome au statut de nation ? Il a été jugé inconstitutionnel. Pour les Catalans, c’était le comble de l’humiliation.
Bien sûr, nombreux sont ceux, au sein du gouvernement central et dans le reste de l’Espagne, qui ont une vision différente de la position catalane. Barcelone est perçue comme une ville d’avant-garde, dynamique, riche en art et en culture, dotée d’un port florissant. En tant que communauté autonome, elle est en mesure de tirer parti, en tant que porte d’entrée vers l’Europe, de sa situation géographique sur la côte méditerranéenne nord-est de l’Espagne, à la frontière avec la France. Elle est célèbre pour son tourisme, mais également respectée et quelque peu enviée pour ses secteurs commerciaux et industriels très performants, notamment le textile, la biotechnologie et la production viticole.
Alors que d’autres communautés autonomes espagnoles, dont le PIB est bien inférieur, peut-être traditionnellement plus rurales et parfois désastreusement moins développées, ont non seulement vu leurs budgets laminés, leurs programmes sociaux réduits à néant, les licenciements se multiplier dans les administrations locales et le secteur privé, et le chômage monter en flèche, en particulier chez les jeunes, autant de facteurs qui engendrent une véritable pauvreté. Beaucoup sont donc tentés de voir les Catalans comme des « enfants gâtés » essayant de conserver leurs « avantages », en exploitant leur rôle de victimes éternelles d’un gouvernement central malveillant. Madrid semble considérer que sa politique budgétaire actuelle envers la Catalogne, aussi controversée soit-elle, vise à préserver le concept d’autonomies régionales de 1978, en leur offrant du « café pour tous ». Cela tend alors à être perçu (parmi d’autres motivations moins altruistes) comme une opportunité de redistribution radicale des richesses en faveur des régions les plus pauvres d’Espagne, notamment au regard de la crise de l’euro et de la diminution des financements européens.
Mais les Catalans sont eux aussi en difficulté. En raison de leur manque de maîtrise budgétaire, d’un PIB en recul et de taux d’imposition élevés – notamment le taux maximal d’imposition sur le revenu, qui s’élève à 56 % –, ils partagent de plus en plus avec d’autres communautés autonomes et pays européens bon nombre des problèmes évoqués ci-dessus.
La crise constitutionnelle n'était-elle donc qu'un coup médiatique ?
Les élections régionales du 25 novembre se sont déroulées sans coup d’État militaire, mais sans que le président Artur Mas ne parvienne à obtenir la majorité absolue dont il avait besoin pour que son parti, la CiU, puisse convoquer un référendum. Pire encore, le soutien des électeurs à la CiU a chuté de 8 %, et sa représentation au sein du parlement, qui compte 135 sièges, est passée de 62 à 50 sièges. Elle reste certes le premier parti, mais ne peut fonctionner qu’au sein d’une coalition.
Une déception, peut-être ? Pas nécessairement si l'on examine la répartition des voix. Comme on pouvait s'y attendre, le chef du Partido Popular, Mariano Rajoy, a, avec une certaine schadenfreude, porté un jugement cinglant sur le président catalan – peut-être souhaitait-il détourner l'attention de deux faits très désagréables. Premièrement, un peu moins des deux tiers (87) des sièges parlementaires sont désormais détenus par quatre partis qui soutiennent au moins un référendum sur l’indépendance ou qui ont ouvertement fait campagne en faveur d’une politique indépendantiste plus radicale, à l’image d’Oriol Junqueras. Ce dernier est le chef du parti Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), qui a doublé son nombre de sièges lors de ces élections pour devenir le deuxième parti du pays. Le taux de participation élevé, 68 %, soit plus des deux tiers des électeurs inscrits, confirme la force de la volonté de changement constitutionnel, que de nombreux commentateurs politiques estiment que Madrid ne devrait pas ignorer.
Cependant, plutôt que de rechercher un compromis, Madrid semble privilégier la stratégie selon laquelle « l'attaque est la meilleure forme de défense ». Le ministre de l’Éducation, José Ignacio Wert, défend une grande partie des propositions de Michael Gove concernant l’enseignement en Angleterre : classements, privatisation, etc. Mais ce qui a profondément choqué la Catalogne, c’est son attaque contre la politique d’enseignement bilingue, qui réduit le statut et l’usage du catalan à celui d’une matière spécialisée, tout en définissant l’espagnol comme la langue principale de l’enseignement.
L'opposition est généralisée et forte : 71 % de personnes s'y opposent selon un sondage réalisé en décembre, mais la critique la plus cinglante est celle formulée dans l'article de Fernando Vallespin (professeur de sciences politiques et d'administration et directeur du département de théorie politique à l'Université autonome de Madrid), personnalité de renommée internationale, publié dans *El País* le 7 décembre 2012. Il déclare :
« Face à la situation actuelle en Catalogne, quoi de plus imprudent que d’aggraver les tensions sur la question qui leur tient le plus à cœur, à savoir la défense de leur langue… Cela montre bien que (Madrid) n’a pas pris la peine de se renseigner le moins du monde sur ce qui s’y passe, ni de comprendre le message fondamental qui ressort des urnes. »
[Original en espagnol : « Face à la situation que nous vivons actuellement en Catalogne, quoi de plus imprudent que de les toucher là où ça fait le plus mal, à savoir la défense de leur langue ?… Cela revient à ne rien avoir compris de ce qui se passe là-bas, ni à n’avoir saisi le message fondamental qui s’est dégagé des urnes. »]
Il insiste également pour que les considérations partisanes soient mises de côté… La situation actuelle exige un renouvellement de l’accord constitutionnel, en faisant appel à des personnalités extérieures à la sphère politique, capables de susciter le plus large consensus possible. Il conclut par ces mots :
« Le gouvernement est bien trop arrogant et dogmatique, et il manque à la fois de la volonté et de la capacité nécessaires pour encourager les efforts visant à mettre en place un grand projet d'État. Il a choisi la voie opposée, et nous en paierons tous le prix. »
[Original en espagnol : « Le gouvernement fait preuve d’une arrogance et d’un dogmatisme excessifs, et il lui manque la volonté et la capacité de rassembler les forces autour d’un grand projet d’État. Il a choisi la voie opposée, et nous en paierons tous le prix. »]
C'est lui l'expert, mais vont-ils l'écouter ?
La Catalogne parviendra-t-elle donc à se sortir de cette impasse ? Peut-être que si Malte et l'Estonie parviennent à s'imposer en tant que petits pays indépendants au sein de l'UE, cette ancienne région catalane sera encouragée à franchir le pas pour échapper à ses relations actuelles, quasi impossibles, avec Madrid et l'Espagne.
Mais Bruxelles vient de confirmer que la sortie de l’Écosse du Royaume-Uni impliquerait également la renonciation à son adhésion à l’Union européenne. Renégocier cette adhésion pourrait s’avérer long et coûteux. Les Catalans ont la réputation d’être avisés sur le plan financier et dotés d’un grand bon sens : un compromis honorable pourrait encore être trouvé. Car le tout vaut souvent plus que la somme de ses parties. Bonne chance, Espagne.
Mots-clés de l'article : 11 septembre, Artur Mas, Pays basque, Catalogne, guerre civile, séparatisme, Espagne

Les choses sont un peu différentes. La « spécificité » catalane est pleinement reconnue par la Constitution espagnole. Selon la logique de la Catalogne officielle, cette région doit être unique au monde, puisque les opprimés (par le diable espagnol, bien sûr) ont légalement le droit d’infliger des amendes à ceux qui affichent l’enseigne de leur commerce dans la langue de l’oppresseur (l’espagnol). De plus, la langue des oppresseurs est enseignée comme une langue étrangère en Catalogne. La seule chose que souhaite le gouvernement, c’est de fournir les moyens nécessaires à ceux qui en font la demande pour suivre un enseignement en espagnol. Je crains que la réalité ne corresponde pas à votre récit.
I would like to enhance this first comment, specially about the education issue, and maybe to call the attention of the author about the sources he/she uses, as they could be inducing him/her to some serious bias errors.
First of all, there are a hugh variety of sources claiming with clear methods that the figures of the 2012 Diada are far less than the million accounted by some otherwise responsible serious sources, including local police services and some very important spanish medias. Trying to explain why these ‘responsible’ sources act like they do may bring the researcher in the direction of the hard problem concerning the information he/she manage. Just as an example of sources including their methods, from all kind of orientation, catalanists and opposers:
http://www.lavanguardia.com/politica/20120914/54349577571/manifestacion-independentista-600-000-personas.html
http://fxaviermarin.blogspot.com.es/2012/09/600000-1-millon-2-millones.html
http://fabregas.blogspot.com.es/2012/09/300000-manifestants-tirant-llarg.html
http://www.economiadigital.es/es/notices/2012/09/cifras_y_mentiras_de_las_manifestaciones_33072.php
http://www.vozbcn.com/2012/09/11/125750/ciu-convierte-manifestacion-exito/
http://franciscofrutos.blogspot.com.es/2013/09/ii-parte-de-la-diada-elementos-de.html
It is just one of the last, but not the least, evidence of a political -I may unfortunately don’t find other term- manipulation of facts, coming from a politically very agressive and relentless catalanist power system, in order to obtain legitimation for more power advantages (Fiscal ones are the main objective scheduled now) than they have. The main rule of its politics is that the had to appear always as the victims.
For instance, some of the catalanist messages associated with the Diada are not historically consistent at all, as long as catalanist present the conflict as a spanish agression when in fact both sides fought for Spain and its king in the context of a civil and european war. Very catalanist cities today such us Vic or Cervera fought at the Bourbon side, the last granted with a university in 1717 as a recognition. Even Barcelona received very warmly to bourbon King Felipe V in 1701-2 (Where he promised in exchange to protect their system) until they turned to the archiduc Carlos. More information about the topic is easy to find in academical abstracts, but as a resume could be interesting the following link:
http://www.vamosacontardiadas.com/pdf/VAMOS-A-CONTAR-DIADAS.pdf
It is true that Barcelona had not the rigth to commerce with America, but there were just one city in all Europe wich could, that was the case of Sevilla. In addition, catalanist don’t like to remember the capital in high numbers they invested in Cuba, wich prompted their pressure in Madrid for going to war against United States in 1898, as we did. Or the role of the interior market, Spain, as an essential component of their industrialisation, which Franco and all other previous goverments deeply enabled. Or even the fact that the socialist party gave a seat to which they had no numbers and thus the right to use, in the commission that redacted our constitution. In the parlamentary session of that years are stated some promises about the respect catalanist may pay both to the rights of the spanish speaking people in Catalonia and to the common culture and legal systems. These had not been fullfilled at all. It will be easy to find by the researcher at the digital editions of the congress.
But furthermore, that was also the case during the Second Republic. A firt-hand register of the activity of the catalanist political groups during the period may be found at Manuel Azaña’s (Spanish republic president) diaries and its lecture is sadly precise and powerful.
Even more, catalan was not banned from edition or public use, it was put out of the state’s system and, certainly, out of the education too. An agression that is the same inmorality as today’s, when spanish speaking families face huges restrictions in their rights which include, yes, fines (!).
Concerning the education issue, it can be mantained against any other data or evidence that anyone may present, that the political aim of the catalan regional goverment is that pupils living in catalonia may associate the commun culture with the rest of spain either with ruthless negative stereotypes, either in a so simple kwnoledge that is hard to say that these pupils had achieved a cult language record in spanish, their mother tongue. We are the single country in the world where such a thing happens. But that’s not enough in the catalanist’s relentless pursue of power…
It is true what the precedent comment states: spanish language is taught even less hours per week than english in the public and half-public systems and no other subject than spanish language or literature uses the common language. The researcher may asked in the catalan parlament the result of the catalan comission that visited Finland some years ago in order to study their educational system for a bilingual society. The truly respect for the citizens, whatever which of the two languages, swedish or finnish is chosen, is unimportant for the catalanists and their system remains, even today, rather an assimilation one.
http://www.tolerancia.org/asp/index2.asp?area=area5&p=18&t=6
http://www.sol.lu.se/person/IngerEnkvist
http://convivenciacivicacatalana.blogspot.com.es/
http://es.wikipedia.org/wiki/Ciudadanos-Partido_de_la_Ciudadan%C3%ADa
It’s a sad evidence that the catalanist dirigents, including former and actual presidents of catalonia, don’t send their children to the “inmersion system” schools where they force to the people, but to private ones where spanish – and english and french… and catalan of course- is taught with more freedom than they impose.
Nowadays the pressure of the catalanist system – which includes mass funding to the medias and special control system for journalist’s activity, the CAC — https://www.cac.cat/web/informacio/index.jsp?Ng%3D%3D&MQ%3D%3D&L3dlYi9pbmZvcm1hY2lvL2NvbnRlbnRGdW5jaW9ucw%3D%3D — is so big upon the society that some very relevant catalans had decided to leave, and they have stated their reasons in public: Albert Boadella (Very active agains Franco’s dictatorship), Felix de Azua (Partner and friend of the Sajarov-prize receiver Fernando Savater), the musicians Miguel Poveda and Loquillo, the actress Loles León…
Here is a personal account of Felix de Azúa also published in EL PAIS in year 2006:
http://elpais.com/diario/2006/11/09/opinion/1163026806_850215.html
The researcher would be amazed at this and other old european hypocrisies that mark the catalan society or better said, the upper part of this dual catalan society, where the catalanists struggle to remain rulers forever. They will appear to you always as poor left winged guys struggling for rights, but it’s a long life posing they have finished to master. But that’s the point, with this fuzzy concept of truth and legitimation, always defining goods and bads, winners and loosers, at every “shopkeeper society”, isn’t it? 😉
Kind regards,