L'évolution du rôle des femmes au Moyen-Orient et en Arabie saoudite

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Cet article a été rédigé par notre chroniqueuse invitée, Fatima Salahuddin…

Il existe bien trop de stéréotypes et de jugements réducteurs qui pèsent sur la vie des femmes du Moyen-Orient et des femmes musulmanes en général. Et même si ces idées reçues ne reflètent pas exactement le statut social des femmes dans cette région, elles ne sont pas pour autant totalement fausses. Depuis très longtemps, les femmes sont considérées comme de simples femmes au foyer et mères de famille, en particulier dans les provinces rurales.

La situation évolue toutefois en faveur des femmes grâce aux progrès réalisés en matière de droits des femmes au cours de la dernière décennie. Diverses communautés du Moyen-Orient redéfinissent le rôle de la charia (loi islamique) et éliminent les normes culturelles draconiennes qui oppriment les femmes. Bien sûr, les questions de genre restent un sujet brûlant, même dans des démocraties avancées comme les États-Unis ; il est donc juste de reconnaître les progrès, aussi modestes soient-ils, accomplis par les communautés du Moyen-Orient en faveur de l’autonomisation des femmes.

Cet article porte sur l'évolution du rôle des femmes au Moyen-Orient, et plus particulièrement au Royaume d'Arabie saoudite. Nous ne nous attarderons pas outre mesure sur des questions secondaires, telles que celle de savoir si les femmes doivent ou non se couvrir les cheveux. Nous nous concentrerons principalement sur la situation difficile des filles et des femmes saoudiennes et du Moyen-Orient en 2020.

Les femmes aux postes de direction

Les Saoudiennes parviennent peu à peu à faire entendre leur voix grâce à la présence de femmes occupant des postes de direction. On compte aujourd’hui plusieurs femmes sous-ministres et députées, ce qui constitue une avancée majeure si l’on considère qu’il n’y avait aucune femme à des postes de direction il y a à peine dix ans. De plus, les Saoudiennes peuvent désormais se présenter aux élections et voter.

La Dre Dalal Namanaqani, une universitaire saoudienne, est récemment devenue la première femme à occuper le poste de présidente d’une université mixte dans le Royaume. Cette évolution positive intervient à un moment où la fréquentation des études supérieures par les femmes atteint un niveau record. On ne peut qu’espérer que, grâce à des dirigeantes telles que la Dre Namanaqani, qui incitent les étudiantes brillantes à briguer des postes à responsabilité après leurs études, le parlement saoudien comptera un nombre important de femmes au cours des 10 à 20 prochaines années.

On peut affirmer qu’après des décennies de lutte, les femmes saoudiennes ont enfin réussi à faire adopter des réformes majeures tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Sur le marché du travail, le taux d’emploi des femmes s’élevait à 34 % fin 2019. C’est un chiffre impressionnant si l’on considère que le royaume traverse de graves difficultés économiques depuis que les cours du pétrole ont commencé à baisser en 2016.

Les femmes saoudiennes peuvent désormais conduire

Jusqu’à il y a quelques années, les femmes saoudiennes n’avaient pas le droit de conduire. Aujourd’hui, des milliers d’entre elles travaillent comme conductrices ou conduisent leur propre voiture. Les touristes féminines, qui évitaient auparavant l’Arabie saoudite par crainte d’être soumises aux lois strictes de la charia, sont désormais nombreuses à demander un visa pour ce pays depuis que la législation a été légèrement assouplie. L’augmentation du nombre de conductrices se traduit par une hausse des ventes de voitures dans le royaume.

Les femmes sont enfin considérées comme des adultes, elles aussi !

En Arabie saoudite, la majorité a désormais la même définition pour les hommes et les femmes ; les hommes et les femmes âgés de plus de 21 ans sont considérés comme majeurs. Cela a une grande importance pour les femmes. Tout d’abord, cela signifie qu’une femme majeure n’a plus besoin d’obtenir l’autorisation d’un tuteur masculin pour voyager à l’étranger, comme c’était le cas auparavant. Les femmes sans mari ni père, en particulier les femmes divorcées ou veuves, devaient subir l’embarras de devoir demander l’autorisation de voyager à leurs propres fils. Enfin, les femmes n’ont plus besoin de tuteur – qu’il s’agisse de leur père, de leur mari, de leur frère ou de leur fils – pour mener une vie d’adulte. Certaines familles acceptent désormais les femmes comme des partenaires à part entière des hommes. Les jeunes femmes sont même autorisées à faire de leurs abayas et autres vêtements des accessoires de mode, à condition de ne pas dévoiler leur corps.

Le renversement des rôles chez les femmes palestiniennes

Les droits, les libertés et les opportunités des femmes à Gaza et en Palestine dans son ensemble se font attendre depuis longtemps déjà. La plupart des femmes du pays sont pauvres, sans emploi, sans instruction, et un grand nombre d’entre elles sont victimes de mariages précoces. Le taux d’abandon des études supérieures chez les femmes est également élevé.

Cependant, les femmes palestiniennes mettent à profit leur créativité et leur énergie pour se créer des opportunités. Le festival de cinéma« Women for Change », qui aborde les thèmes de la marginalisation et de l’oppression des femmes, en est un bon exemple. Par ailleurs, des programmeuses se sont regroupées pour mettre en place des initiatives de mentorat destinées aux jeunes filles passionnées par la programmation.

Conclusion

Les gouvernements du Moyen-Orient prennent conscience qu’il sera difficile de mener à bien leurs plans de réforme « Vision 2030 » sans la participation des femmes. C’est pourquoi de nouvelles opportunités s’offriront chaque année aux femmes musulmanes de la région. Il appartient désormais à ces dernières de se montrer à la hauteur et de consolider leur place en tant qu’actrices clés de la croissance sociale et économique de la région.

Fatima Salahuddin est enseignante en maternelle et compte huit ans d’expérience auprès d’enfants âgés de 3 à 5 ans. Tout au long de sa carrière, elle s’est consacrée à offrir le meilleur à ses élèves, en leur apprenant avant tout à s’aimer eux-mêmes et en les aidant à améliorer leurs compétences d’apprentissage et leur comportement. Elle s’intéresse également à la sociologie de la culture. Elle souhaite acquérir une compréhension approfondie de l’ethnocentrisme et du relativisme culturel.

 

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